Le Tchad, en forme longue la République du Tchad, en arabe جمهورية تشاد, est un pays d'Afrique centrale situé au sud de la Libye, à l'ouest du Niger, du Nigeria et du Cameroun, au nord de la République centrafricaine, à l'est du SoudanSans accès à la mer, il fait géographiquement et culturellement transition entre Afrique du Nord et Afrique noire.

Cinquième plus vaste pays d'Afrique, le Tchad se divise en trois grands ensembles géographiques, au nord une partie désertique du Sahara, au centre le sahel semi-aride, au sud la savane soudanaise. Le lac Tchad, qui donne son nom au pays, est son principal plan d'eau. Son point culminant est l'Emi Koussivolcan du massif du Tibesti.

Différents états et empires, tentant de contrôler le commerce transsaharien et la traite orientale, se sont succédé dans la partie centrale du pays depuis la fin du Ier millénaire av. J.-C.. À partir de 1897, la France affirme sa souveraineté successivement sur le Kanem Bornou et ses anciens vassaux, le Baguirmi puis le Ouaddaï, qu'elle réunit en 1920 en une unique colonie au sein de l'Afrique-Équatoriale française. Le Tchad obtient son indépendance en 1960, François Tombalbaye étant premier chef d'état, mais conserve une relation privilégiée avec l'ancien colonisateur, qui est depuis intervenu militairement à plusieurs reprises. Il est le théâtre de troubles récurrents liés à des dissensions internes, notamment entre musulmans du nord et chrétiens du sud, et plus récemment au débordement du conflit du Darfour.

Pays agricole, producteur de coton, d'arachide, de bovins, le Tchad est devenu en 2003 exportateur de pétrole, accroissant ainsi considérablement les ressources financières de l'état, dont le chef actuel est Idriss Déby. En 2015, il est classé troisième par l'Africa Performance Index (API), outil de notation des institutions du secteur public en Afrique

Trois zones climatiques

Image satellite du Tchad

Schéma des trois zones climatiques du Tchad.

Le Tchad est un pays vaste et de faible densité humaine. Il connaît pourtant d'importants contrastes. Le tiers nord du pays est occupé par le Sahara, et presque vide d'hommes. Plus au sud se trouve le Sahel où les précipitations sont plus importantes, de 300 à 600 mm. C'est dans le Sud de cette zone que se trouve la capitale Ndjamena ainsi que le lac Tchad. Plus au sud encore, se trouve une zone de savane où les précipitations peuvent dépasser 900 mm. C'est là, dans le sud-ouest qu'en moyenne les densités sont les plus élevées.

Le Nord et le Centre représentent les deux-tiers de la superficie du pays et comptent environ 30 % de la population totale. Ces régions sont peuplées de populations négro-africaines et sahariennes disparates, mais toutes musulmanes, appartenant aux groupes linguistiques saharien, soudanais oriental et central.

Par ailleurs, les Arabes (de souche, métissés et négro-africains arabisés), musulmans, occupent trois grandes zones de peuplement, au Nord (nord-ouest du Kanem), au Centre (Batha, Guéra, Chari-Baguirmi et nord du Ouaddaï) et au Sud-est (Salamat), représentant environ 56,5 % de la population tchadienne.

D'autre part, les Hadjaraïs (8,5 %), nom de désignation ethnique, communément attribué aux divers groupes ethniques (plus en référence à la région administrative qu'à leurs divergences culturelles ou religieuses) qui peuplent le centre et le centre-ouest du pays, groupes linguistiques afro-asiatique, tchadique, nilo-saharien, bongo baguirmi, sara baguirmi, baguirmi, soudanais oriental et central, sont majoritairement musulmans. Néanmoins, il existe une minorité de chrétiens voire des animistes dans cette partie du territoire.

Enfin, le Sud-Ouest, chrétien, musulman et très marginalement animiste, est composé de populations négro-africaines appartenant aux groupes linguistiques tchadien et soudanais central (Saras – 30 %, Ngambayes – 5,5 %, Toupouris, Kotokos, Baguirmis, Massas, et autres – 9,5 %).

Zones protégées

Lac d'Ounianga Kébir.

Des sites consacrés à la conservation de la diversité biologique couvrent environ 20 % du territoire national (en 2014)18:

- 10 forêts classées,

- 3 parcs nationaux,

- 7 réserves de faune,

- 1 réserve de biosphère,

- des zones humides d’importance internationale (voir Ramsar sites in Chad),

- une multitude de forêts sacrées et des forêts communautaires

La conservation de la nature est concrétisée par la création de parc nationaux dont le Parc National de Zakouma, dans le sud-est du Tchad, d'un superficie de 3 000 km2.

Le 1er décembre 2015, à l'occasion du sommet "Défi climatique et solutions africaines" en marge de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), Idriss Déby a alerté la communauté internationale sur le besoin de financement pour l'avenir du Lac Tchad (dont la surface a été divisée par 8 depuis 1973) "La question du lac Tchad est ancienne. A toutes les rencontres sur le climat depuis 20 ans, ce dossier a été évoqué [...] depuis Copenhagues, Rio et aujourd'hui Paris. Je ne suis pas sûr que jusqu'à aujourd'hui, nous ayons trouvé des oreilles, tout au moins des actions concrètes"2.

Subdivisions administratives

Article détaillé : Organisation administrative territoriale du Tchad.

Carte des 22 régions du Tchad (situation février 2008)

En 2002, le Tchad a été divisé en 18 régions administratives. Le 19 février 2008, le nombre des régions a été porté à 22 ; le 4 septembre 2012 à 23. Elles remplacent les quatorze préfectures qui existaient auparavant. Chaque région est dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement tchadien.

(les n° correspondent à la carte)

Les régions sont divisées en départements (61), administrés par un préfet, eux-mêmes subdivisés en sous-préfectures. Au plus petit niveau se trouvent les cantons. Chaque entité territoriale devrait être dirigée par une assemblée élue mais aucune élection n'a encore eu lieu.

Les unités administratives sont les relais de l'État à un niveau local. La ville de Ndjamena (qui a un statut spécial) est divisée en 10 arrondissements.

Économie

Article détaillé : Économie du Tchad.

Agriculture

L'agriculture et l'élevage du bétail sont les activités dominantes. Après le pétrole, la première ressource d'exportation du Tchad est le coton de la Cotontchad et le sucre de la CST, Compagnie sucrière du Tchad(anciennement SONASUT).

Alors que dans les années 1930, seulement 337 tonnes de coton-graine sont produites, dès 1955 leur production atteint 60 000 tonnes19, pour monter à 100 000 tonnes en 197120 puis 175 000 tonnes en 1975 et culminer à 263 475 tonnes en 1998. Le pays est au palmarès des sept premiers producteurs africains de coton au milieu des années 2010.

Pétrole

Article détaillé : Économie du pétrole au Tchad.

L'exploitation commerciale des gisements pétroliers de Doba, dans le sud du pays à partir des années 2000 a un impact profond sur la vie économique et politique tchadienne. La mise en exploitation des gisements pétroliers a été très encadrée par la Banque mondiale depuis 2003. Dès 2004, le pétrole représentait plus de 80 % des exportations nationales, permettant à la balance commerciale de devenir nettement excédentaire

L'exploitation a commencé après l'achèvement en 2003 de l'oléoduc Tchad-Cameroun qui permet d'acheminer le pétrole dans le golfe de Guinée. Les gisements sont exploités par un consortium associant ExxonMobilChevron, et Petronas. L'oléoduc a été partiellement financé par la banque mondiale. En échange du prêt, l'État tchadien touche des redevances et des dividendes, soient des recettes de 2 milliards de dollars/an sur 25 ans. Le Tchad s'est engagé auprès de la Banque mondiale à dépenser 80 % des redevances et 85 % des dividendes à la lutte contre la pauvreté. À la suite d'un différend entre la Banque et le gouvernement tchadien, un nouveau protocole d'accord a été signé en juin 2006, le gouvernement tchadien doit désormais consacrer 70 % de son budget total aux programmes prioritaires de réduction de la pauvreté.

Le Tchad espère le triplement de la production du pétrole de son pays à partir de 2015. L’entrée en production d’un champ pétrolier à proximité du lac Tchad nourrit un tel optimisme. Le pays du Sahel pourrait atteindre la barre des 200 000 barils par jour en 2014, puis dépasser le cap des 300 000 en 2015. En 2015, les ressources pétrolières représente 20 % du PIB.

Vers une diversification

À la fin des années 1990, les "compagnies juniors" canadiennes, investies dans plus de 8000 propriétés minières, dans plus de 100 pays, pour la plupart encore à l'état de projet multiplient les contrats avec des pays africains parmi lesquels le Tchad.

En 2012, Idriss Déby développe une politique de diversification de l'économie tchadienne. L'Africa Performance Index (API), qui évalue le développement économique des pays Africains membres de la zone, place alors le Tchad au pied de son podium et souligne que "l'amélioration de l'orientation budgétaire du pays et les mesures significatives de réduction de la dette (...) ont permis à la machine économique et financière du Tchad d'opérer dans le bon sens". La croissance du pays en 2015 est estimée à 7,6 % selon le FMI, soit l'un des taux les plus importants du continent avec le Nigeria.

Alors que l'exploitation d'hydrocarbures a permis au Tchad de générer en dix ans plus de 10 milliards de dollars, Idriss Déby investit notamment dans le rattrapage du pays en termes d'infrastructures afin d'attirer les investissements. Une dynamique illustrée par la construction de la Cité internationale des affaires, à N'Djamena, pour un coût total de 366 millions d'euros.

Idriss Déby ouvre également le pays aux capitaux étrangers, en particulier ceux venant de Chine. Selon le chargé des affaires de l'ambassade de Chine, qui rappelle que le Tchad et la Chine développent leurs relations économiques depuis dix ans, "la coopération économique et commerciale se développe progressivement et les échanges humains et culturels s'intensifient". Plusieurs grands chantiers sont menés au Tchad par des groupes chinois : la raffinerie de Djarmaya, la cimenterie de Baoré, le Palais de la Démocratie (siège de l'Assemblée nationale), l'Hôpital de la liberté et la Maison de la Femme.

Le 14 décembre 2015, le FMI, désireux "d'épauler le pays dans la poursuite de ses efforts", approuve le déblocage de 28,7 millions de dollars d'aide au développement au Tchad.

Télécommunications

Trois opérateurs mobiles se partagent le marché : Airtel, Tigo (Millicom) et Salam.

Nombre de clients par opérateur (source OTRT)

  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Airtel 1 036 987 1 211 704 1 393 954 1 697 509 2 278 974 2 107 223 2 283 187
Tigo 541 159 1 017 159 1 429 350 1 894 278 2 029 882 2 403 985 2 922 249
Salam 10 000 24 000 52 000 73 874 93 426 50 035 46 124

Géographie humaine

Démographie

Article détaillé : Démographie du Tchad.

Famille tchadienne

En 2015, la population tchadienne est estimée par le CIA World Factbook à environ 11,63 millions d'habitants; 44,2 % a moins de quinze ans, 52,8 % entre quinze et soixante-quatre ans, et 2,98 % soixante-cinq ans et plus. Le taux de croissance démographique serait de 1,89 %, avec un taux de natalité de 36,6 pour mille et un taux de mortalité de 14,28 pour mille. Le Recensement général de la population et de l'habitat de 1993 faisait état de 6 288 261 habitants. Plus de 47 % de la population a moins de 15 ans et le taux de fécondité était de 6,08. L'espérance de vie était de cinquante-et-un ans.

27 % des Tchadiens vivent en ville, et près de la moitié des urbains résident à Ndjamena, la capitale. Les densités varient considérablement du nord au sud du pays, avec 0,1 habitant au km² dans les régions du Borkou, de l'Ennedi et du Tibesti, et 52,4 habitants au km² dans le Logone Occidental. La moitié de la population vit dans le cinquième le plus méridional du territoire. Selon le World Refugee Survey 2008 publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, le Tchad abritait 294 100 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007. 242 600 d'entre eux provenaient du Soudan et le reste de la République centrafricaine

Calendrier des jours fériés

Article détaillé : Culture du Tchad.

Défilé des chameliers à Moussoro sur la place du marché

Chadian delegation.jpg

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an    
1er décembre Fête nationale   Prise du pouvoir par l'actuel président Idriss Déby en 1990
1er mai Fête du travail    
11 août Jour de l'Indépendance    
28 novembre Jour de la République   Proclamation de la République en 1958
25 décembre Noël    
  Aîd Alkabir    
  Aïd Alfitr    
  Achoura'a    
  Hégire (nouvel an)    
  Isra'a et Mi'raj    
6 mai Le Labétien    
  Lundi de Pâques    
1er novembre Toussaint    

Langues

Articles détaillés : Langues au Tchad et Liste des langues du Tchad.

Même si le français et l'arabe sont les seules langues officielles, plus d'une centaine de langues sont utilisées à travers le pays, comme le sar, le ngambay, le mbay, le kabalaye, le lélé, le kim, le massa, le toupouri, le baguirmi, le nandjéré, le mboum, le hadjeray, le gorane, le balala, le kanembou, le HaoussaKanouri, le zaghawa, le mabak, le kado, le laga, le gor, le kaba, le zimé, le n'gama, le moundang, le labet ,le mousseye, le quera, etc.

L'arabe tchadien est pratiqué par plus de la moitié de la population, surtout sur les marchés.

Le français, qui a été introduit dans les écoles tchadiennes à partir de 1911 et qui est langue officielle du pays depuis son indépendance, est la langue de l'administration et de l'éducation ; bien qu'elle ne soit la langue maternelle que d'une minorité, c'est une langue seconde qui jouit d'une grande vitalité et qui est la langue véhiculaire du Sud du pays, plus urbanisé.

Religions

D'après le recensement de 1993, les religions les plus pratiquées au Tchad sont : l'islam (53,9 %), le christianisme (34,7 %) et l'animisme (7,4 %). Les personnes sans religion représentent 3,1 % de la population (l'un des taux les plus forts en Afrique), et les autres religions 0,9 %.

Nomadisme

Peuples nomades : selon le recensement du pays de 2009, les nomades représentent 3,4 % de la population totale du pays, soit 368 066 personnes; ils étaient 353 489 lors du recensement de 1993, mais 5,7 % de la population totale du pays.