L’axe 3 qui doit permettre la mise en place au sein de l’espace CEMAC des infrastructures critiques pour la compétitivité se décline en deux objectifs stratégiques, six programmes et trente trois (33) projets. Ces programmes couvrent les infrastructures de base que représentent l’électricité, les transports, et les télécommunications, sans lesquelles aucun décollage économique n’est envisageable. Mais ils intègrent également les leviers critiques de compétitivité des économies modernes que représentent les infrastructures spécialisées.

La première phase du PER va initier le rattrapage de la CEMAC en matière d’infrastructures, notamment les infrastructures de transport (8 tronçons routiers sélectionnés par les États membres et les autres projets de corridors, notamment ceux interconnectant la CEMAC aux autres sous-régions, l’appui à la mise en œuvre du Plan directeur consensuel des Transports de l'Afrique Centrale (PDCT-AC) et la facilitation des transports et transit, trois interconnexions électriques régionales [Nord Cameroun, RCA, Tchad, Nigéria ; Interconnexion du Réseau Interconnecté sud du Cameroun et du Gabon via l'aménagement hydroélectrique de Memvé'élé (Cameroun) et Fé II (Gabon) ; Interconnexion des Réseaux Interconnecté sud du Congo et du Gabon via l'aménagement hydroélectrique des sites Grand Poubara (Gabon) et Imboulou (Congo)]. Il est également prévu d’aménager le site de Dimoli (RCA) afin d’alimenter les zones frontalières du Cameroun, de la Centrafrique et du Congo. Parallèlement, une importante étude sur la mise en place d’un marché régional d’échange d’énergie électrique indiquera l’ensemble des interconnexions électriques à envisager entre 2016 et 2025. De même, un schéma directeur des transports ferroviaires d’ici 2013 permettra de créer un consensus sur les priorités d’investissements dans ces réseaux et d’engager quelques investissements d’ici 2015, avant une probable montée en régime entre 2016 et 2025. Par contre, les télécommunications devraient bénéficier d’ici 2015 de la mise en place d’un réseau à fibre optique reliant l’ensemble des États membres de la CEMAC (Central Africa Backbone phases 1 et 2).

La construction d’une Infrastructure Qualité adéquate durant cette première phase du PER, vise à doter la CEMAC d’un instrument majeur de mise à niveau indispensable à la diversification de son économie. Cette infrastructure sera dédiée dans cette première phase, au développement des filières compétitives dans l’agro-industrie et l’économie forestière. Ces plateformes constitueront un levier majeur de diversification, au regard des ressources naturelles exceptionnelles des pays de la CEMAC. Le programme vise à mettre en place six « Plateformes Régionales Qualité & Innovation » ainsi qu’un le Projet Régional Normalisation et Métrologie. Les plateformes Q.I. seront des centres régionaux de recherche appliquée et de vulgarisation de techniques culturales et de technologie de transformation agroindustrielle, de services, de formation et d’incubation. Il est visé un double objectif : assurer une sécurité alimentaire à l’échelle régionale et développer une offre compétitive d’exportation de produits tropicaux. Les plateformes pilotes prévues durant cette phase sont la plateforme Agropole des Savanes au Tchad, la plateforme Cultures d’exportation au Cameroun, la plateforme Aquaculture, pêche maritime et élevages intensifs en Guinée Équatoriale, la plateforme Cultures vivrières au Congo, la plateforme régionale des services (PFS) d’insertion dans les grandes villes et localités en Centrafrique et la plateforme Économie Forestière au Gabon. Le Projet Régional Normalisation et Métrologie complétera le programme par la mise en place d’un dispositif régional d’analyse et de métrologie, avec des laboratoires accrédités et des services adéquats d’appui à l’exportation (centres de conditionnement dotés d’instruments certifiés de mesure, gares de fret ….). Cette infrastructure Qualité permettra de donner à l’accord de coopération scientifique entre la Commission de la CEMAC et l’Etat d’Israël d’une part et à l’appui prévu par l’UE en matière de qualité et de mise à niveau d’autre part, un contenu cohérent avec l’enjeu de compétitivité des filières agroindustrielles de la CEMAC.

Le Programme Zones Économiques Spéciales de la CEMAC vise à favoriser l’émergence dans l’espace CEMAC de pôles économiques régionaux, compétitifs, insérés aux marchés régionaux et internationaux : La mise en place des plateformes Q.I.et de grands projets d’infrastructures ouvrent la possibilité de faire éclore dans l’espace CEMAC de grands pôles économiques, bénéficiant d’une véritable dynamique d’innovation et d’investissements et représentant des bassins dynamiques d’emplois. Afin de matérialiser et conforter la solidarité communautaire et de mieux intégrer les pays les plus enclavés dans l’espace communautaire, le programme de Zones Économiques Spéciales dans sa phase pilote (2011-2015) ciblera en priorité les États membres les plus enclavés, la RCA et le Tchad, à travers deux projets d’aménagement phares : « Bangui plateforme logistique régionale » et « Ndjamena Agropole régional ».