Coopération / CEMAC - Union Européenne

Les APE c'est reparti

 

En visite de travail à Bruxelles, le Président de la Commission de la CEMAC, le Pr Daniel Ona Ondo a rencontré des responsables de l’UE, notamment Mme Carla Montesi, Directrice au développement de l’Afrique de l'Ouest et du de Centre et Mme Diana Acconcia, Chef d'unité à la Direction Développement durable, Accords de partenariat économique-ACP. Cette séance de travail qui a enregistré la présence des Ambassadeurs du Tchad et du Cameroun ainsi que de leurs collaborateurs respectifs,  s'est déroulée le jeudi 15 mars 2018 dans les locaux de l'UE à Bruxelles.

 

Les échanges fructueux qui augurent des perspectives prometteuses dans la relation entre la CEMAC et l’UE, ont permis aux deux parties d'accorder leurs violons sur tous les sujets de coopération.

 

En effet, les questions relatives à la situation économique et sécuritaire en zone CEMAC, à l’APE, à l’avenir du partenariat UE/ACP dans la perspective Post-Cotonou et à la situation de l’errance des services de la Commission, ont été au centre de ce tour de table.

Aussi, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation du COPIL-FED qui se tiendra à Bruxelles et le souhait du Président de la Commission de renouer, conformément aux directives reçues de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC, le contact avec l’UE suite à la suspension des négociations sur l’APE.

 

Il s’est également agi pour le Pr Daniel Ona Ondo de s’enquérir de l’état des discussions préparatoires sur les négociations du nouvel partenariat UE/ACP.

La situation économique et sécuritaire encore fragile de la CEMAC a été rappelée par le Président qui a remercié les efforts de l’UE visant à rétablir la paix en RCA tout en exhortant ses interlocuteurs à accompagner les Etats qui ont mis en place des programmes de réformes économiques appuyées par le FMI.

Sur le point relatif à l’errance des services de la Commission, l’UE s’est dite préoccupée de la décision de retour de la Commission à Malabo. La réinstallation de la Commission à Bangui constitue pour l’UE un enjeu politique majeur car participe du processus de restauration de la stabilité et de la paix en Centrafrique.

 

Le Président de la Commission a rassuré ses interlocuteurs et réaffirmé le mandat qui lui a été prescrit par les Chefs d’Etat à ce sujet. En effet, conformément à l’acte additionnel relatif au retour de la Commission à Bangui et la feuille de route du Président en exercice de la Conférence des Chefs d'Etat, le processus de retour et de réinstallation des services de la Commission à Bangui reste d’actualité. Il va se poursuivre notamment par la tenue des réunions du Collège des commissaires, de réunions et ateliers régionaux à Bangui, et le lancement, suite à l’adoption du Budget de la Commission le 23 mars prochain, des travaux de réhabilitation des logements des commissaires et des cadres à Bangui. Néanmoins, il a rappelé les contingences ayant suscité la décision de repli temporaire des équipes à Malabo. En effet, contrairement aux agents des autres représentations diplomatiques, la CEMAC ne bénéficie pas des mêmes facilités aussi bien sur le plan sécuritaire que de logements pour la centaine de cadres expatriés. Tout en reconnaissant les efforts faits par le Gouvernement centrafricain, les capacités opérationnelles de la Commission restent fortement contrariées par l’absence prolongée de la plupart des agents confrontés à la raréfaction des logements et aux coûts prohibitifs des loyers dans Bangui du fait de la présence massive de la MINUSCA.

 

Concernant l’APE, les deux parties se sont accordées sur la nécessité de relancer dans les meilleurs délais les discussions techniques en vue de l’adhésion des pays de la CEMAC à l’accord intérimaire avec le Cameroun, compte tenu des délais et de la complexité d’une négociation d’un nouvel accord. Il sera notamment question de trouver un point d’entente sur les mesures d’accompagnement qui prendraient la forme, entre autres, de l’appui aux réformes économiques visant le renforcement de la compétitivité des industries locales, au renforcement des capacités de négociation de la Commission, etc…

 

Dans le cadre des négociations relatives à la préparation d’un futur cadre des relations UE/ACP au titre de post-Cotonou, l’UE a souhaité l’implication plus marquée des CER au rang desquelles la CEMAC, dans les plateformes dédiées. De manière générale, l’UE à l’instar de tous les interlocuteurs rencontrés par le Président de la Commission au cours de sa mission, ont déploré l’absence de visibilité de la CEMAC à Bruxelles, contrairement à la CEDEAO. Cette situation affaiblit la position de négociation de l’Afrique Centrale. Aussi, il a été recommandé de la mise en place d’une représentation de la CEMAC à Bruxelles. Cette proposition sera portée à l’attention du Conseil des Ministres de l’UEAC qui se tiendra à Ndjaména le 23 mars 2018.